Dim 3 mai : Jean 14/1-12 : Le chrétien possède-t-il la vérité ?

Jean 14/1-12 : Le chrétien possède-t-il la vérité ?

Texte biblique : Jean 14/1-12

1« Ne soyez pas troublés, leur dit Jésus. Vous avez confiance en Dieu, ayez aussi confiance en moi. 2Il y a beaucoup de lieux où demeurer dans la maison de mon Père ; sinon vous aurais-je dit que j’allais vous préparer une place ? 3Et si je vais vous préparer une place, je reviendrai et je vous prendrai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez également. 4Vous connaissez le chemin qui conduit où je vais. » 5Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment en connaîtrions-nous le chemin ? » 6Jésus lui répondit : « Moi, je suis le chemin, c’est-à-dire la vérité et la vie. Personne ne vient au Père autrement que par moi. 7Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Et à partir de maintenant vous le connaissez, vous l’avez vu. »

8Philippe lui demanda : « Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffira. » 9Jésus lui répondit : « Il y a si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais pas encore, Philippe ? Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? 10Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis ne viennent pas de moi. C’est le Père qui demeure en moi qui accomplit ses propres œuvres. 11Croyez-moi quand je dis : je suis dans le Père et le Père est en moi. Sinon, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. 12Oui, je vous le déclare, c’est la vérité : celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je vais auprès du Père. 13Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Fils manifeste la gloire du Père. 14Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.

Prédication 

Je suis le chemin la vérité et la vie ! Voilà qui n’est pas facile à lire et à dire tant le mot de « vérité » produit en nous des échos très contrastés. Au premier abord, la vérité est tenue pour bonne, on préfère tous la vérité au mensonge ou à l’hypocrisie. Qui aime ses proches, doit être vrai face à eux, le politique doit la vérité à ses administrés, le médecin face à son patient … et on pourrait multiplier les exemples qui posent la vérité comme une condition nécessaire à la construction d’une société juste. La vérité rend libre dit aussi Jésus, à contrario, on ne peut rien construire sur le mensonge.

En même temps, ce qui traverse plus profondément nos sociétés contemporaines façonnées par les lumières est un vrai soupçon à l’égard de la vérité. Depuis Descartes faisant du doute la valeur cardinale et Kant refusant que l’on puisse atteindre la vérité des choses et des êtres mais uniquement leur phénomènes extérieurs, la valeur qui semble être reine aujourd’hui est plutôt la culture du doute, l’esprit critique et le refus de la norme. Et il en faut, heureusement ! Mais sur le terrain des idées notre société juge l’idée de vérité suspecte, voire dangereuse. Il faut avouer que les hommes on en fait du mal au nom de leur vérité ! Trop souvent, l’illusion de posséder cette vérité a rimé avec la volonté de l’imposer par la force.

C’est donc un verset difficile à lire mais qu’il faut comprendre à travers un long discours de Jésus qui ne parle pas d’abord de vérité mais plutôt d’une vérité à découvrir. Jésus parle d’abord de la fin ou plus exactement de notre finalité, de notre destination : il nous a réservé une demeure dans la maison du Père. Avant de nous parler de la vérité en générale, il nous parle de nous et de notre identité véritable. Ce que nous sommes vraiment est devant nous, notre identité véritable est auprès du Père et elle sera pleinement révélé en ce jour où nous serons pleinement devant Dieu. Paradoxe de l’évangile qui va à rebrousse poil de la façon ordinaire que nous avons de nous définir. Nous nous définissons par ce qui nous précède et ce qui nous fait plus que par nos rêves. Nous sommes le fruit d’une culture, d’une éducation, d’une époque, d’une géographie aussi. Nous sommes le fruits aussi de ce que nous avons faits, de nos expériences, de nos réussites, de nos ratages. Bref, chaque jour est l’aboutissement provisoire d’un long passé. Mais ici tout change, chaque jour est l’aboutissement provisoire d’un futur qui nous détermine. Notre futur, c’est notre place dans la maison du Père, notre proximité avec lui dans une relation épurée de toute scorie. 

La vérité s’exprime comme un long dévoilement sur Dieu et sur nous-mêmes, dévoilement qui prendra du temps, jusqu’au temps de la fin. Et c’est la question du temps qui nous ouvre à celle du chemin et du devenir. Mais un chemin qui est lui aussi bien difficile à lire Je suis le chemin la vérité la vie, nul ne vient au Père que par moi. La réponse du Christ semble être fermée, exclusive, voire même excluante. Il n’est pas possible de lire cette parole sans s’interroger sur le sort de tous ceux qui croient en Dieu. Si Jésus est le seul chemin pour aller vers Dieu que dirons nous aux juifs, aux musulmans, aux boudhistes et à tous ceux qui croient d’une façon différente. Il m’est impossible de les écarter d’un revers de la main. Cependant, le texte, précise le pasteur Daniel Bourguet, ne parle de Dieu mais du Père. Jésus ne dit pas qu’il ne peut y avoir hors de lui aucune connaissance de Dieu, mais que pour reconnaître en Dieu le Père il faut passer par lui. Jésus n’enferme pas toute la connaissance de Dieu mais il révèle le Père. 

C’est donc de la paternité de Dieu dont il est question. Paternité qui maille les écritures depuis la promesse faite par l’Eternel au roi David lui assurant que ses fils seront fils pour lui, jusqu’à celle du Christ présenté dans l’évangile de Noël comme la naissance du fils de David, révélé au baptême comme le fils bien aimé, lequel confessera son Père jusqu’à la Croix : Père je remets mon esprit entre tes mains.

Or affirmer la paternité de Dieu comme le lieu où se dévoile la vérité, n’est pas rien car elle nous déplace d’une idée, d’un discours, d’un dogme, vers une relation. Pour pouvoir parler d’un Dieu Père, il faut qu’il y ait un Dieu Fils et ce sera uniquement dans cette relation que nous pourrons entendre ce que Dieu veut vraiment nous dire en tant que Père. Qui m’a vu, a vu le Père, dit Jésus au v9. La vérité se situe dans le champs aléatoire de cette relation d’amour, de confiance, mais aussi de lutte et de doute. A la Croix Christ a dû surmonter le doute et même la tentation de la désobéissance, éloigne de moi cette coupe, pour s’attacher à la volonté du Père. Car s’il y a bien un mot qui traduit l’intimité de la relation entre le Père et le Fils, outre l’amour, c’est bien le thème de la volonté. Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé Jn 4/34. Ce qui fait vire Jésus, ce qui irrigue son corps, son âme, son esprit est d’accomplir la volonté de son Père. L’intimité de la relation se dit dans la communion de volonté. En ce sens Jésus est fils de Dieu, son existence toute entière est au service du Père. 

Mais du coup, le déplacement de cette vérité sur le terrain d’une relation nous invite à un nouveau basculement. Plus haut je disais que note identité véritable est devant nous, dans la maison du Père qui est le lieu où nous sommes prédestinés. Notre finalité, en tant qu’enfant de Dieu encore en promesse est de vivre pour toujours dans l’intimité du Père. Mais pour comprendre cette intimité, il faut aussi faire mémoire de cette relation entre le Père et le Fils durant son ministère terrestre, relation qui n’avait rien de statique. Jésus n’a pas que parlé de la volonté du Père comme sa nourriture, il l’a aussi accomplie. Toute les fois où il s’est tenu face à la souffrance, aux démons, aux peurs, aux faims, aux désespoir, pour résister contre tout ce qui abîme l’humanité crée à l’image de Dieu, et libéré cette humanité, il nous a révélé la vérité d’une relation qui chemine dans l’histoire des hommes pour les conduire à la vie. La vérité ne peut être reconnue loin du chemin et de la vie, ni accueillie à l’écart de cette trajectoire, de cette dynamique qui transperce l’homme pour le faire vivre. Je suis le chemin la vérité la vie, la vérité se découvre dans ce long cheminement qui fait naître de nouveau. 

Alors quand je dis qu’il s’agit de faire mémoire du ministère de Jésus, ce n’est pour faire oeuvre d’historien. Si c’était le cas, nous pourrions connaître par coeur le Nouveau Testament et avoir oublié l’essentiel, à savoir que nous sommes appelés à entrer dans ce jeu de relation entre le Père et le Fils, que nous sommes concrètement appelés à être visités et transfigurés. Martin Buber disait que faire l’expérience d’une révélation, c’était faire l’expérience d’une présence qui se fait force en nous. J’aime cette façon de parler de la révélation, car peu doctrinale, elle nous renvoie à une compréhension existentielle. On ne sait rien de la vérité tant que mon existence n’a pas été visitée, bouleversée, transfigurée. Je suis le vivant dit l’Eternel. Avant de se dire, la vérité s’éprouve. Certains me reprocheront une forme de sentimentalisme, ce que nous ressentons, nos sentiments, nos impressions peuvent être trompeurs, mais il faut bien partir de quelque part, et au commencement nous dit l’évangile, la Parole s’est faite chair, elle s’est incarnée dans le vivant. Au comment il y a une rencontre entre la Parole et la chair et qui ne laissera plus jamais la chair en son état. 

Sur le chemin qui conduit à la vie, à la connaissance d’un Dieu Père qui oeuvre en son fils pour la libération des hommes et des femmes qui lui feront confiance, siège l’appel de la vérité, l’appel à résister contre l’oubli. L’oubli de quoi ? D’être soi-même appelé sur ce chemin. La vérité, c’est que vous êtes appelés à la vie. Amen 

Texte biblique : Jean 14/1-12

1« Ne soyez pas troublés, leur dit Jésus. Vous avez confiance en Dieu, ayez aussi confiance en moi. 2Il y a beaucoup de lieux où demeurer dans la maison de mon Père ; sinon vous aurais-je dit que j’allais vous préparer une place ? 3Et si je vais vous préparer une place, je reviendrai et je vous prendrai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez également. 4Vous connaissez le chemin qui conduit où je vais. » 5Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment en connaîtrions-nous le chemin ? » 6Jésus lui répondit : « Moi, je suis le chemin, c’est-à-dire la vérité et la vie. Personne ne vient au Père autrement que par moi. 7Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Et à partir de maintenant vous le connaissez, vous l’avez vu. »

8Philippe lui demanda : « Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffira. » 9Jésus lui répondit : « Il y a si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais pas encore, Philippe ? Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? 10Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis ne viennent pas de moi. C’est le Père qui demeure en moi qui accomplit ses propres œuvres. 11Croyez-moi quand je dis : je suis dans le Père et le Père est en moi. Sinon, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. 12Oui, je vous le déclare, c’est la vérité : celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je vais auprès du Père. 13Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Fils manifeste la gloire du Père. 14Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.

Prédication 

Je suis le chemin la vérité et la vie ! Voilà qui n’est pas facile à lire et à dire tant le mot de « vérité » produit en nous des échos très contrastés. Au premier abord, la vérité est tenue pour bonne, on préfère tous la vérité au mensonge ou à l’hypocrisie. Qui aime ses proches, doit être vrai face à eux, le politique doit la vérité à ses administrés, le médecin face à son patient … et on pourrait multiplier les exemples qui posent la vérité comme une condition nécessaire à la construction d’une société juste. La vérité rend libre dit aussi Jésus, à contrario, on ne peut rien construire sur le mensonge.

En même temps, ce qui traverse plus profondément nos sociétés contemporaines façonnées par les lumières est un vrai soupçon à l’égard de la vérité. Depuis Descartes faisant du doute la valeur cardinale et Kant refusant que l’on puisse atteindre la vérité des choses et des êtres mais uniquement leur phénomènes extérieurs, la valeur qui semble être reine aujourd’hui est plutôt la culture du doute, l’esprit critique et le refus de la norme. Et il en faut, heureusement ! Mais sur le terrain des idées notre société juge l’idée de vérité suspecte, voire dangereuse. Il faut avouer que les hommes on en fait du mal au nom de leur vérité ! Trop souvent, l’illusion de posséder cette vérité a rimé avec la volonté de l’imposer par la force.

C’est donc un verset difficile à lire mais qu’il faut comprendre à travers un long discours de Jésus qui ne parle pas d’abord de vérité mais plutôt d’une vérité à découvrir. Jésus parle d’abord de la fin ou plus exactement de notre finalité, de notre destination : il nous a réservé une demeure dans la maison du Père. Avant de nous parler de la vérité en générale, il nous parle de nous et de notre identité véritable. Ce que nous sommes vraiment est devant nous, notre identité véritable est auprès du Père et elle sera pleinement révélé en ce jour où nous serons pleinement devant Dieu. Paradoxe de l’évangile qui va à rebrousse poil de la façon ordinaire que nous avons de nous définir. Nous nous définissons par ce qui nous précède et ce qui nous fait plus que par nos rêves. Nous sommes le fruit d’une culture, d’une éducation, d’une époque, d’une géographie aussi. Nous sommes le fruits aussi de ce que nous avons faits, de nos expériences, de nos réussites, de nos ratages. Bref, chaque jour est l’aboutissement provisoire d’un long passé. Mais ici tout change, chaque jour est l’aboutissement provisoire d’un futur qui nous détermine. Notre futur, c’est notre place dans la maison du Père, notre proximité avec lui dans une relation épurée de toute scorie. 

La vérité s’exprime comme un long dévoilement sur Dieu et sur nous-mêmes, dévoilement qui prendra du temps, jusqu’au temps de la fin. Et c’est la question du temps qui nous ouvre à celle du chemin et du devenir. Mais un chemin qui est lui aussi bien difficile à lire Je suis le chemin la vérité la vie, nul ne vient au Père que par moi. La réponse du Christ semble être fermée, exclusive, voire même excluante. Il n’est pas possible de lire cette parole sans s’interroger sur le sort de tous ceux qui croient en Dieu. Si Jésus est le seul chemin pour aller vers Dieu que dirons nous aux juifs, aux musulmans, aux boudhistes et à tous ceux qui croient d’une façon différente. Il m’est impossible de les écarter d’un revers de la main. Cependant, le texte, précise le pasteur Daniel Bourguet, ne parle de Dieu mais du Père. Jésus ne dit pas qu’il ne peut y avoir hors de lui aucune connaissance de Dieu, mais que pour reconnaître en Dieu le Père il faut passer par lui. Jésus n’enferme pas toute la connaissance de Dieu mais il révèle le Père. 

C’est donc de la paternité de Dieu dont il est question. Paternité qui maille les écritures depuis la promesse faite par l’Eternel au roi David lui assurant que ses fils seront fils pour lui, jusqu’à celle du Christ présenté dans l’évangile de Noël comme la naissance du fils de David, révélé au baptême comme le fils bien aimé, lequel confessera son Père jusqu’à la Croix : Père je remets mon esprit entre tes mains.

Or affirmer la paternité de Dieu comme le lieu où se dévoile la vérité, n’est pas rien car elle nous déplace d’une idée, d’un discours, d’un dogme, vers une relation. Pour pouvoir parler d’un Dieu Père, il faut qu’il y ait un Dieu Fils et ce sera uniquement dans cette relation que nous pourrons entendre ce que Dieu veut vraiment nous dire en tant que Père. Qui m’a vu, a vu le Père, dit Jésus au v9. La vérité se situe dans le champs aléatoire de cette relation d’amour, de confiance, mais aussi de lutte et de doute. A la Croix Christ a dû surmonter le doute et même la tentation de la désobéissance, éloigne de moi cette coupe, pour s’attacher à la volonté du Père. Car s’il y a bien un mot qui traduit l’intimité de la relation entre le Père et le Fils, outre l’amour, c’est bien le thème de la volonté. Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé Jn 4/34. Ce qui fait vire Jésus, ce qui irrigue son corps, son âme, son esprit est d’accomplir la volonté de son Père. L’intimité de la relation se dit dans la communion de volonté. En ce sens Jésus est fils de Dieu, son existence toute entière est au service du Père. 

Mais du coup, le déplacement de cette vérité sur le terrain d’une relation nous invite à un nouveau basculement. Plus haut je disais que note identité véritable est devant nous, dans la maison du Père qui est le lieu où nous sommes prédestinés. Notre finalité, en tant qu’enfant de Dieu encore en promesse est de vivre pour toujours dans l’intimité du Père. Mais pour comprendre cette intimité, il faut aussi faire mémoire de cette relation entre le Père et le Fils durant son ministère terrestre, relation qui n’avait rien de statique. Jésus n’a pas que parlé de la volonté du Père comme sa nourriture, il l’a aussi accomplie. Toute les fois où il s’est tenu face à la souffrance, aux démons, aux peurs, aux faims, aux désespoir, pour résister contre tout ce qui abîme l’humanité crée à l’image de Dieu, et libéré cette humanité, il nous a révélé la vérité d’une relation qui chemine dans l’histoire des hommes pour les conduire à la vie. La vérité ne peut être reconnue loin du chemin et de la vie, ni accueillie à l’écart de cette trajectoire, de cette dynamique qui transperce l’homme pour le faire vivre. Je suis le chemin la vérité la vie, la vérité se découvre dans ce long cheminement qui fait naître de nouveau. 

Alors quand je dis qu’il s’agit de faire mémoire du ministère de Jésus, ce n’est pour faire oeuvre d’historien. Si c’était le cas, nous pourrions connaître par coeur le Nouveau Testament et avoir oublié l’essentiel, à savoir que nous sommes appelés à entrer dans ce jeu de relation entre le Père et le Fils, que nous sommes concrètement appelés à être visités et transfigurés. Martin Buber disait que faire l’expérience d’une révélation, c’était faire l’expérience d’une présence qui se fait force en nous. J’aime cette façon de parler de la révélation, car peu doctrinale, elle nous renvoie à une compréhension existentielle. On ne sait rien de la vérité tant que mon existence n’a pas été visitée, bouleversée, transfigurée. Je suis le vivant dit l’Eternel. Avant de se dire, la vérité s’éprouve. Certains me reprocheront une forme de sentimentalisme, ce que nous ressentons, nos sentiments, nos impressions peuvent être trompeurs, mais il faut bien partir de quelque part, et au commencement nous dit l’évangile, la Parole s’est faite chair, elle s’est incarnée dans le vivant. Au comment il y a une rencontre entre la Parole et la chair et qui ne laissera plus jamais la chair en son état. 

Sur le chemin qui conduit à la vie, à la connaissance d’un Dieu Père qui oeuvre en son fils pour la libération des hommes et des femmes qui lui feront confiance, siège l’appel de la vérité, l’appel à résister contre l’oubli. L’oubli de quoi ? D’être soi-même appelé sur ce chemin. La vérité, c’est que vous êtes appelés à la vie. Amen 

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